La Trans-PKR (PKR transépitheliale) est une amélioration récente de la PKR.
Sur le plan purement technologique, ce n’est pas à proprement parler une technique révolutionnaire mais sur le plan pratique et pour les patients, à condition de respecter certaines règles et certaines indications elle peut le devenir et changer radicalement notre approche quotidienne de la chirurgie réfractive.
Pour comprendre ce qu’est la Trans-PKR il faut déjà connaitre son ancêtre : la PKR.
Grosso modo toutes les opérations de chirurgie réfractive peuvent se diviser en 2 familles :

1- Les opérations avec réalisation d’un capot dans la cornée du patient :

Type Lasik classique (15 ans de recul) : le capot est fait avec un micro kératome-sorte de rabot micro-chirurgical
ou Femtolasik : le capot est réalisé avec un premier laser appelé femto seconde (plus de 10 ans de recul)
Dans les 2 cas la différence ne porte que sur l’outil qui va faire le capot mais le laser Excimer qui traitera le défaut visuel (myopie, astigmatisme…) est dans tous les cas identique.

2- Les opérations type laser Excimer de surface :

Il n’y a pas de capot, pas de découpe mais un pelage de l’épithélium beaucoup plus superficiel et moins agressif pour la cornée.
La PKR est la plus ancienne des techniques (25 ans), elle connait aujourd’hui un regain d’intérêt pour différentes raisons :
Il n’y a pas de capot cornéen, pas de découpe, donc beaucoup moins de complications graves qui sont pour la plupart dues à des problèmes dans la réalisation du capot. D’autre part les lasers de dernière génération donnent moins de haze (brouillard cicatriciel) et permettent donc une récupération visuelle plus rapide que par le passé.
Bizarrement, et cela est parfois difficile à comprendre pour les patients, bien que le traitement PKR soit plus superficiel et moins profond que dans le Lasik (puisqu’il n’y a pas de volet découpé dans la cornée) il est plus douloureux en post opératoire et la réhabilitation visuelle est plus longue.
Le principal inconvénient en est donc cette douleur post opératoire (l’opération elle même est quasiment indolore) mais la douleur commence 1h après et peut durer 24 à 48 heures. La douleur est directement proportionnelle au degré de myopie traité : relativement faible dans les petites myopies.
Les phénomènes de cicatrisation (haze plus ou moins important)  qui peuvent ralentir voire amoindrir le résultat visuel sont aussi aujourd’hui améliorés par les nouveaux profils de traitement des lasers de dernière génération.
La pose d’une lentille pansement en post opératoire et /ou l’utilisation de collyre Mitomycine permettent d’atténuer les inconvénients post opératoires et ainsi d’élargir les indications de la PKR.
Précision importante : le laser qui corrige le défaut visuel (myopie, astigmatisme, hypermétropie ou presbytie ) est la encore le même que dans le Lasik : c’est seulement la préparation préalable qui va changer selon les techniques.
Oublions les autres techniques de surface type Lasek (lasek et non lasik) qui aujourd’hui n’est plus proposé.
Mettons également à part l’épi-lasik qui est également moins pratiqué et qui est en fait une variante de la PKR dont le nom « épi-Lasik » peut parfois faire croire au patient qu’il va bénéficier d’une sorte de Lasik ce qui n’est absolument pas le cas : c’est l’équivalent d’une PKR mais qui a encore à ce jour quelques partisans convaincus.

3- Venons-en maintenant à la Trans-PKR :

Dans une PKR « normale » il faut gratter ou peler l’épithélium superficiellement :
-Cela peut se faire mécaniquement avec une spatule ou avec une petite brosse rotative,
-ou avec de l’alcool ce qui implique quand même une certaine manipulation directe sur l’œil avec des instruments chirurgicaux et la pose préalable d’un écarteur à paupières.
Dans les années 90 on avait déjà proposé de se débarrasser de cet épithélium par une première salve d’impulsions laser appelée PTK préalable à la PKR mais cela était assez difficile à systématiser et peu utilisé en pratique.
La Trans-PKR est une technique aujourd’hui validée par de nombreuses études internationales et proposée exclusivement sur les laser Amaris commercialisés par la firme allemande Schwind.
Elle reprend ce principe de vaporisation de l’épithélium au laser : c’est donc le même laser excimer qui va en un seul temps vaporiser l’épithelium et resurfacer la surface cornéenne pour corriger le défaut visuel tout cela sans le moindre contact avec l’œil du patient.
Les avantages par rapport à une PKR classique sont clairement établis et  appréciables pour le confort du patient car tout en conservant l‘aspect sécuritaire de la PKR on va pouvoir amoindrir notablement les effets indésirables (moins de douleur et récupération plus rapide).

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2 pesnées sur “Qu’est ce que la Trans-PKR ?

  • 10 septembre 2014 à 20 h 33 min
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    bonjour , étant myope (-8.5 dioptrie ds chaque oeil) et astigmate est ce que c’est possible de me faire opéré par cette nouvelle technique vu que ma myopie est forte ?

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    • 11 septembre 2014 à 13 h 38 min
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      Il est toujours difficile de se prononcer sans examen préalable
      Cette technique est recommandée très couramment pour les défauts visuels inférieurs à 3 dioptries.
      Entre 3 et 6 dioptries nous l’utilisons également avec des résultats satisfaisants quand une autre technique type lasik est impossible
      Au delà de 6 dioptries nous l’avons déjà utilisée avec succès mais c’est vraiment au cas par cas, et d’indication beaucoup plus rare.
      Cordialement,
      Dr Marc Chemla

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